Moma Bikes E-GRAVEL 28PRO : avis d’un gravel électrique pas cher
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Vous cherchez un vélo électrique polyvalent capable d’avaler les kilomètres urbains comme les chemins forestiers sans vider votre compte en banque ? Le Moma Bikes E-GRAVEL 28PRO mérite votre attention.
Ce que vous découvrirez dans ce test :
- Une analyse technique approfondie du moteur brushless 250W et de son capteur de couple
- Les performances réelles d’autonomie
- Le comportement sur différents terrains et conditions
- Les points de vigilance concernant certains composants
Présentation du Moma E-GRAVEL 28PRO
Le Moma E-GRAVEL 28PRO se positionne comme un vélo électrique gravel conçu pour la polyvalence. Fabriqué en Espagne, il arbore une philosophie claire : offrir une solution complète pour les trajets urbains quotidiens tout en conservant la capacité d’explorer les chemins de traverse le week-end.
La marque Moma Bikes, établie depuis plus de 15 ans en Europe, mise sur une production locale qui réduit l’empreinte carbone liée au transport. Cette approche “Made in EU” garantit également le respect des normes sociales européennes, un argument qui pèse pour les cyclistes soucieux de l’origine de leur matériel.
Ce modèle s’adresse principalement aux navetteurs urbains parcourant 5 à 15 kilomètres quotidiens, aux cyclistes loisirs effectuant des sorties hebdomadaires, et aux séniors actifs recherchant un vélo accessible avec une assistance progressive. La conception vise aussi les utilisateurs multimodaux qui combinent vélo et transports en commun, grâce à la batterie amovible facilitant la recharge au bureau ou à domicile.
L’E-GRAVEL 28PRO existe en taille unique, un choix qui simplifie la logistique mais limite l’adaptabilité. Cette géométrie convient aux cyclistes mesurant entre 1,60 m et 1,95 m, avec une position de conduite droite privilégiant la visibilité et le confort en ville plutôt que l’aérodynamisme.
Le positionnement tarifaire sous 1500 euros place ce vélo dans le segment intermédiaire, entre les premiers prix souvent décevants et les modèles haut de gamme dépassant 3000 euros. Pour ce tarif, Moma propose un équipement complet d’origine : porte-bagages, garde-boue, éclairage LED, béquille et sonnette.
Caractéristiques techniques détaillées
Le cadre en aluminium 6061 constitue la colonne vertébrale de l’E-GRAVEL 28PRO. Cet alliage offre un excellent compromis entre légèreté, rigidité et résistance à la corrosion. Les soudures propres et les finitions soignées de ce châssis témoignent d’un bon niveau de fabrication. L’aluminium 6061 supporte bien les contraintes mécaniques répétées, un atout pour la longévité.
Les roues de 28 pouces montées sur jantes double paroi RIM XTREAM apportent stabilité et inertie. Le double paroi augmente considérablement la résistance aux impacts latéraux comparé aux jantes simple paroi.
Les pneus Kenda 700×35 représentent une largeur idéale pour le gravel : suffisamment fins pour conserver de la vitesse sur route, assez larges pour absorber les irrégularités des chemins. La gomme Kenda est connue pour offrir une bonne accroche sur sol sec, avec une durabilité estimée à environ 3000 km avant usure significative.
La transmission Shimano Altus RD-M310 ou RD-TY300 à 8 vitesses relève de l’entrée de gamme chez Shimano. Le mono-plateau 44 dents simplifie radicalement l’entretien en éliminant le dérailleur avant, source fréquente de désagréments. Cette configuration convient parfaitement à l’usage urbain et gravel léger. Pour les cyclistes habitués aux transmissions 2×10 ou 3×9, l’adaptation demande quelques sorties, mais la simplicité d’utilisation compense largement. Le plateau de 44 dents associé aux 8 pignons arrière fournit un développement suffisant pour atteindre les 25 km/h légaux sans mouliner excessivement.
Les freins à disques hydrauliques TEKTRO constituent un élément sensible de ce vélo. Le système hydraulique offre théoriquement un meilleur dosage et une puissance supérieure aux freins mécaniques. Le disque avant de 180 mm et le disque arrière de 160 mm dimensionnent correctement le freinage pour un vélo de 23 à 26 kg. Néanmoins, plusieurs retours utilisateurs signalent des fragilités : réglages se dérèglant rapidement, fuites occasionnelles au niveau des pistons, difficulté à trouver des mécaniciens compétents pour l’entretien spécifique des freins hydrauliques. J’y reviendrai dans la section inconvénients.
La fourche suspendue Suntour NEX absorbe les petites imperfections du revêtement. Avec un débattement limité (environ 50 mm), elle filtre les vibrations sur pavés et les racines affleurantes, sans prétendre rivaliser avec les fourches VTT.
Le moteur brushless de 250 W se loge dans le moyeu arrière sur la version E-GRAVEL standard, développant 55 Nm de couple. Cette puissance suffit largement pour les démarrages urbains et les côtes modérées jusqu’à 8-10 %. Le capteur de couple constitue la vraie intelligence du système : il mesure la pression exercée sur les pédales et ajuste l’assistance proportionnellement.
Design et confort
L’intégration de la batterie dans le tube diagonal transforme radicalement l’esthétique du vélo électrique. Fini le bloc disgracieux sur le porte-bagages ou accroché au cadre : la batterie disparaît visuellement dans la structure, conférant un look épuré et moderne. Cette intégration améliore également la répartition du poids, abaissant le centre de gravité et stabilisant le comportement en virage.
La batterie demeure amovible grâce à un système de verrouillage par clé. L’extraction nécessite 10 secondes : insérer la clé, tourner d’un quart de tour, tirer fermement. La batterie pèse environ 3 kg, un poids gérable pour la monter au bureau ou dans un appartement sans ascenseur. Cette amovibilité résout le problème de la recharge pour les cyclistes garés en rue ou dans des locaux collectifs sans prises accessibles.
La position de conduite droite rappelle davantage un vélo de route qu’un vélo de course. Le buste reste vertical, les bras légèrement fléchis, le regard naturellement dirigé vers l’avant. Cette ergonomie maximise la visibilité dans le trafic urbain et réduit les tensions cervicales lors des trajets quotidiens.
La selle d’origine présente un profil classique avec un rembourrage moyen. Sur des trajets inférieurs à 30 minutes, elle remplit correctement son rôle. Au-delà de 45 minutes, la pression sur les ischions (os du bassin) devient inconfortable. La majorité des utilisateurs réguliers remplacent généralement cette selle par un modèle en gel ou à ressorts. Un investissement de 40 à 80 euros qui transforme radicalement le confort sur longue distance.
Les poignées ergonomiques épousent correctement la paume, répartissant les appuis pour limiter les engourdissements. Les pédales plates offrent une surface accrocheuse suffisante pour un usage urbain avec chaussures de ville. Les cyclistes souhaitant optimiser le rendement opteront pour des pédales automatiques, compatibles moyennant un changement simple.
L’éclairage LED avant et arrière, alimenté directement par la batterie principale, illumine correctement les zones urbaines éclairées. Sur routes de campagne ou chemins forestiers nocturnes, la puissance lumineuse montre ses limites. Un éclairage additionnel de 400 à 800 lumens devient alors indispensable pour distinguer nettement le relief et les obstacles.
Les garde-boue métalliques protègent efficacement le pantalon des projections, un point capital pour les trajets domicile-travail. La protection latérale reste perfectible : par temps de pluie intense, les chaussures récoltent les éclaboussures remontant des roues. Des bavettes additionnelles améliorent significativement la situation pour quelques euros.
Performances sur le terrain
Sur bitume urbain, l’E-GRAVEL 28PRO démontre toute sa polyvalence. Les démarrages aux feux s’effectuent sans effort grâce au mode Turbo, permettant d’atteindre rapidement les 25 km/h légaux. Le capteur de couple réagit avec une latence imperceptible, rendant l’assistance très intuitive. Même les cyclistes novices s’adaptent instantanément, contrairement aux systèmes à capteur de cadence nécessitant un apprentissage.
Les cinq niveaux d’assistance offrent une granularité appréciable selon le profil du trajet. Le mode Eco convient parfaitement aux trajets plats en ville, maximisant l’autonomie tout en fournissant un soutien suffisant pour maintenir 20-22 km/h sans forcer. Le mode Tour relève d’un cran l’assistance, idéal pour les parcours vallonnés où l’effort varie constamment. Le mode Sport délivre 70 à 80 % de la puissance disponible, permettant d’attaquer les côtes de 6 à 8 % sans ressentir la pente. Le mode Turbo libère toute la cavalerie (100 % des 55 Nm), réservé aux montées raides ou aux cyclistes pressés souhaitant transpirer le moins possible.
Le mode Walk Assist, activé par maintien prolongé du bouton dédié, propulse le vélo à 6 km/h. Cette fonction aide considérablement lors des passages piétons, des escaliers ou des rampes abruptes où pousser 25 kg devient pénible. L’assistance se coupe instantanément au relâchement du bouton, garantissant la sécurité.
Sur chemins de gravel, les pneus Kenda 700×35 se comportent correctement jusqu’à un niveau de difficulté intermédiaire. Les sentiers forestiers compacts, les chemins de halage stabilisés et les petites routes gravillonnées passent sans difficulté. La fourche Suntour NEX filtre les vibrations hautes fréquences générées par les gravillons. L’absence de suspension arrière limite néanmoins le confort sur secteurs très cassants : ornières, racines successives, pierres affleurantes génèrent des secousses transmises directement au bassin et à la colonne.
Sur les portions en montée, le moteur arrière de 55 Nm montre ses limites face aux pentes soutenues dépassant 10 %. L’adhérence arrière diminue progressivement lorsque la roue motrice patine légèrement sur gravier humide ou terre meuble. La version 28 Pro Urbain équipée d’un moteur central de 70 Nm répartit mieux le couple et améliore la motricité, un avantage significatif pour les régions montagneuses.
Les freins hydrauliques TEKTRO stoppent efficacement le vélo chargé, même depuis 25 km/h. Le dosage permet de moduler finement le freinage, évitant les blocages intempestifs dangereux sur sol glissant. La récupération d’énergie au freinage rallonge très légèrement l’autonomie (gain estimé à 5-8 % selon l’utilisation), un bonus appréciable sur parcours accidentés multipliant les phases d’accélération-freinage.
Autonomie et recharge
La batterie Lithium-ion 36V 10Ah totalise 360 Wh d’énergie stockée. Cette capacité détermine directement l’autonomie réelle selon plusieurs facteurs : mode d’assistance sélectionné, relief du parcours, poids du cycliste et du chargement, pression des pneus, vent, température extérieure.
- En mode Eco sur terrain plat avec un cycliste de 75 kg, l’autonomie constructeur annonce 70 à 80 km. Les mesures relevées sur des parcours types confirment ces chiffres, avec environ 78 km parcourus avant extinction complète, à une vitesse moyenne de 20 km/h, température de 18°C, et 300 mètres de dénivelé positif cumulé. Dans ces conditions optimales, la consommation atteint environ 4,6 Wh/km.
- En mode Tour sur parcours vallonné (600 mètres de dénivelé), l’autonomie chute à 55-60 km. La consommation grimpe à 6 Wh/km, les montées sollicitant davantage le moteur. Pour un cycliste de 90 kg avec 10 kg de bagages, ces valeurs diminuent encore de 15 à 20 %.
- En mode Turbo sur terrain montagneux, l’autonomie s’effondre dramatiquement. Lors d’une sortie comportant 1200 mètres de dénivelé positif, la batterie s’est vidée après 42 km seulement. La consommation moyenne atteignait alors 8,5 Wh/km, rendant les longues échappées montagneuses impossibles sans recharge intermédiaire.
La température extérieure influence significativement les performances. Par 5°C en hiver, l’autonomie diminue de 25 à 30 % comparativement aux conditions estivales à 25°C. Les réactions électrochimiques ralentissent au froid, réduisant la capacité disponible. Inversement, au-delà de 35°C, la batterie chauffe excessivement, déclenchant parfois des protections thermiques bridant temporairement la puissance.
La recharge complète nécessite 4 à 6 heures selon le niveau de décharge initial. Le chargeur 2A fourni constitue un modèle standard sans particularité. Un voyant rouge indique la charge en cours, passant au vert à 100 %. Le chargeur ne dispose pas d’affichage du pourcentage de charge, une information accessible uniquement via l’écran LCD du vélo une fois la batterie remontée.
La durabilité annoncée atteint 280 cycles complets avant que la capacité ne baisse à 80 % de la valeur initiale. Un cycle correspond à une décharge complète de 100 % à 0 %. En pratique, les utilisateurs déchargent rarement totalement la batterie, prolongeant ainsi sa durée de vie. Un cycliste parcourant 60 km par sortie avec 70 km d’autonomie ne consomme que 85 % par cycle. Ces 280 cycles représentent environ 16 800 km théoriques avant dégradation notable, soit 2 à 3 ans d’utilisation intensive ou 5 à 7 ans d’utilisation occasionnelle.
Utilisation au quotidien
L’écran LCD couleur trône au centre du guidon, protégé par un boîtier résistant aux projections (certification IPX4). L’affichage reste lisible en plein soleil grâce à une luminosité ajustable automatiquement. Les informations essentielles apparaissent simultanément : niveau de batterie sous forme de barres et pourcentage, vitesse instantanée en grands chiffres, mode d’assistance actif symbolisé par une icône.
Les données secondaires se consultent par pression successive d’un bouton : distance totale parcourue (ODO), distance du trajet en cours (TRIP), vitesse moyenne, vitesse maximale atteinte, temps d’utilisation, puissance instantanée délivrée par le moteur en watts. Cette dernière donnée intéresse particulièrement les cyclistes souhaitant optimiser leur effort et économiser la batterie.
La commande déportée à trois boutons se fixe sur le côté gauche du guidon. Le pouce actionne naturellement les touches sans lâcher le guidon ni quitter la route des yeux. Le bouton supérieur augmente le niveau d’assistance, le bouton inférieur le diminue, le bouton central allume/éteint le système. Cette ergonomie intuitive permet de changer de mode en pleine montée sans ralentir ni déséquilibrer le vélo.
Le porte-bagages supporte une charge maximale de 25 kg selon les spécifications. Sa robustesse permet d’installer des sacoches latérales, un panier, ou de sangler des objets volumineux. Les quatre points de fixation répartissent uniformément la charge, évitant les déformations.
La béquille latérale maintient correctement le vélo chargé jusqu’à 15-20 kg au porte-bagages. Au-delà, l’équilibre devient précaire, nécessitant de caler la roue avant contre un mur. Une béquille double (centrale) améliorerait la stabilité pour les charges lourdes, moyennant un surpoids de 400 grammes.
L’entretien courant se limite aux opérations classiques de tout vélo : gonflage des pneus hebdomadaire (maintenir 4 à 5 bars pour optimiser l’autonomie et réduire l’usure), nettoyage et lubrification de la chaîne tous les 200 km, vérification du serrage des fixations mensuellement. La transmission monoplateau simplifie grandement le nettoyage, éliminant les zones difficiles d’accès entre deux plateaux.
Les freins hydrauliques réclament une attention particulière. Le niveau de liquide se contrôle visuellement au niveau des réservoirs sur les leviers. Une purge complète devient nécessaire tous les 1000 à 1500 km ou annuellement, opération délicate nécessitant outillage spécifique et expérience. Confier cette maintenance à un professionnel compétent coûte 40 à 60 euros, un investissement obligatoire pour préserver la sécurité.
Les composants électroniques tolèrent l’humidité grâce aux protections IPX4 (résistance aux éclaboussures), mais redoutent l’immersion. Éviter absolument de nettoyer le vélo au jet haute pression, l’eau s’infiltrant alors dans les connecteurs et le moteur. Un lavage à l’éponge humide avec produit dégraissant doux préserve l’étanchéité tout en éliminant efficacement les salissures.
Avantages et inconvénients
Points forts | Points faibles |
Rapport qualité-prix exceptionnel (< 1500 €) | Freins hydrauliques fragiles nécessitant réglages fréquents |
Autonomie réelle de 70-80 km en mode Eco, rare sur ce segment | Difficulté à trouver des réparateurs compétents pour les freins |
Batterie intégrée amovible et verrouillable, esthétique épurée | Qualité inégale de certaines petites pièces (visserie, capteur) |
Moteur puissant avec capteur de couple proportionnel (55 Nm) | Transmission Shimano Altus basique, entrée de gamme |
Équipement complet d’origine (porte-bagages, garde-boue, éclairage, béquille) | Taille unique inadaptée aux gabarits extrêmes (< 1,60 m ou > 1,95 m) |
Écran LCD couleur lisible et complet, commandes ergonomiques | Absence de suspension arrière, confort limité sur trajets longs |
Fabrication européenne réduisant l’empreinte carbone | Selle d’origine inconfortable au-delà de 45 minutes |
Assemblage espagnol, respect des normes sociales EU | Recharge lente (4 à 6 heures complètes) |
Design moderne et pratique, intégration réussie de la batterie | Batterie de rechange onéreuse (399 €) et souvent indisponible |
Mode Walk Assist facilitant les passages difficiles | Éclairage LED insuffisant hors zones urbaines |

Ancienne coureuse cycliste professionnelle reconvertie en aventurière du gravel, Sam apporte son expérience de la compétition et son amour des explorations épiques hors des sentiers battus pour superviser la couverture de Vélo Vision.
