Mont Ventoux à vélo : tout savoir pour grimper ce col

Le mont Ventoux vous fascine et vous rêvez de vous mesurer à ce géant de Provence ? Cette ascension mythique du cyclisme français attire chaque année des milliers de cyclistes venus du monde entier pour défier ses pentes redoutables. Perché à 1910 mètres d’altitude dans le Vaucluse, le mont-Chauve offre trois ascensions distinctes, chacune avec ses propres défis et beautés :

  • Bédoin : l’ascension la plus célèbre et la plus exigeante, régulièrement au programme du Tour de France
  • Sault : la montée la plus accessible, idéale pour découvrir le Ventoux sans se ruiner les jambes
  • Malaucène : l’alternative nord, irrégulière et technique, parfaite pour varier les plaisirs

Dans cet article, je partage avec vous toutes les clés pour réussir votre première (ou énième) montée du Ventoux à vélo. Préparation physique, choix de l’itinéraire, équipement, météo, ravitaillement… Vous saurez tout pour transformer ce défi en moment inoubliable plutôt qu’en calvaire !

Le Mont Ventoux un col mythique

Le mont Ventoux trône majestueusement dans le paysage provençal depuis des millénaires. Culminant à 1910 mètres d’altitude, ce sommet fait partie du massif des Préalpes et domine de sa prestance toute la région du Vaucluse. Son surnom de “mont-Chauve” lui vient de son sommet dénudé, blanchi par le calcaire et balayé par des vents parfois dévastateurs.

Mais c’est surtout au cyclisme que le Ventoux doit sa renommée mondiale. Depuis 1951, ce col hors catégorie figure régulièrement au programme du Tour de France, offrant des spectacles grandioses et parfois dramatiques. L’ascension depuis Bédoin est devenue l’une des montées les plus redoutées du peloton professionnel, au même titre que l’Alpe d’Huez ou le mont Blanc.

La montagne a forgé sa légende sur les exploits et les souffrances des coureurs. Les récits d’ascensions épiques se transmettent de génération en génération de cyclistes, alimentant le mythe de ce géant de Provence. Chaque virage, chaque pourcentage de pente raconte une histoire, depuis les premiers pionniers jusqu’aux champions actuels qui continuent d’écrire l’histoire du Ventoux.

Pour nous, cyclistes amateurs, gravir le mont Ventoux à vélo représente un rite de passage quasi obligatoire. C’est l’occasion de se mesurer aux plus grands, de fouler les mêmes routes que nos idoles et de repousser nos limites personnelles. L’expérience va bien au-delà de la simple performance sportive : c’est une véritable communion avec l’histoire du cyclisme et les paysages exceptionnels de France.

Ascension depuis Bédoin (la plus mythique)

Crédit image : climbfinder.com

L’ascension du mont Ventoux depuis Bédoin constitue sans conteste la montée la plus emblématique et la plus redoutable des trois versants. Cette route mythique de 21,3 kilomètres part du charmant village de Bédoin (314 mètres d’altitude) pour rejoindre le sommet du mont Ventoux à 1910 mètres, soit un dénivelé colossal de 1589 mètres.

La pente moyenne de 7,5% cache des variations importantes qui rendent cette ascension particulièrement sournoise. Les cinq premiers kilomètres depuis Bédoin offrent un faux semblant de facilité avec des pourcentages oscillant entre 3 et 5%. Cette entrée en matière trompeuse pousse souvent les cyclistes à partir trop vite, erreur qu’ils payent cher dans la suite de la montée.

Après le hameau de Saint-Estève, la véritable difficulté commence. S’ouvre alors un tunnel de verdure impitoyable de dix kilomètres à travers la forêt, avec une pente constante de 9 à 10% sans aucun répit. Cette portion représente le cœur de l’ascension du Ventoux depuis Bédoin et constitue souvent le moment de vérité pour les cyclistes. L’absence de points de vue et l’uniformité du paysage forestier rendent cette section mentalement éprouvante.

L’arrivée au Chalet Reynard (1417 mètres) marque une étape psychologique importante. Ce point de ralliement offre la seule possibilité de ravitaillement sur le parcours et permet de souffler avant l’assaut final. Les derniers six kilomètres jusqu’au sommet présentent des pourcentages plus modérés (7 à 9%) mais exposent les cyclistes aux caprices météorologiques du mont. Le vent peut y souffler avec une violence extrême, transformant cette dernière portion en véritable calvaire.

Cette montée du Ventoux depuis Bédoin est classée hors catégorie, la cotation la plus difficile du Tour de France. Les temps d’ascension varient énormément selon le niveau : comptez environ 3 heures à 7 km/h pour un cycliste modeste, 2 heures à 11 km/h pour un bon grimpeur, 1h25 à 15 km/h pour un excellent cycliste, et 1h10 à 19 km/h pour un coureur de très haut niveau.

Ascension depuis Sault (la plus accessible)

L’ascension du mont Ventoux depuis Sault offre une approche complètement différente de ce géant de Provence. Cette montée de 25,5 kilomètres part du village de Sault perché à 760 mètres d’altitude, réduisant d’emblée le dénivelé à 1145 mètres pour atteindre le sommet à 1909 mètres. Cette configuration fait du versant de Sault l’ascension la plus accessible du Ventoux.

La pente moyenne de 4,5% sur l’ensemble du parcours masque une répartition très favorable aux cyclistes moins expérimentés. Les quinze premiers kilomètres serpentent dans un décor bucolique à travers les célèbres champs de lavande de Provence et les forêts de chênes, avec des pourcentages variant entre 2 et 5%. Cette progression douce permet aux jambes de s’échauffer en douceur et d’aborder la suite de l’ascension dans de bonnes conditions.

Le profil régulier de cette route constitue son principal atout. Contrairement aux ascensions depuis Bédoin ou Malaucène, le versant de Sault ne présente pas de secteurs vraiment rédhibitoires. Même la portion la plus raide, qui atteint 12,5% sur une courte distance, reste ponctuelle et gérable pour la plupart des cyclistes amateurs.

La jonction avec la route de Bédoin au Chalet Reynard marque le début de la montée finale commune aux deux versants. Ces derniers six kilomètres jusqu’au sommet du mont Ventoux présentent une pente de 7 à 9% et exposent les cyclistes aux conditions météorologiques parfois extrêmes du mont. Le vent peut y être particulièrement violent, rendant cette dernière portion délicate malgré des pourcentages modérés.

L’ascension du Ventoux depuis Sault convient parfaitement aux cyclistes débutants dans l’exercice de la montagne ou à ceux qui souhaitent découvrir ce col mythique sans se mettre dans le rouge dès les premiers kilomètres. Les temps d’ascension s’échelonnent de 3h40 pour un rythme tranquille (7 km/h) à 1h25 pour un excellent niveau (19 km/h), en passant par 2h20 à 11 km/h et 1h45 à 15 km/h.

Ascension depuis Malaucène (l’alternative exigeante)

L’ascension du mont Ventoux depuis Malaucène représente la troisième voie d’accès au sommet, souvent méconnue du grand public mais redoutable d’efficacité. Cette montée de 21,2 kilomètres part du village de Malaucène (377 mètres d’altitude) pour rejoindre le sommet à 1909 mètres, soit un dénivelé de 1532 mètres. La pente moyenne de 7,2% en fait une ascension aussi difficile que celle de Bédoin, avec ses propres spécificités.

La principale caractéristique de ce versant réside dans son profil particulièrement irrégulier. Dès le départ depuis Malaucène, les cyclistes affrontent des rampes à 9-10% qui donnent immédiatement le ton de cette ascension du Ventoux. Contrairement à Bédoin où la difficulté s’installe progressivement, ici la montagne ne fait pas de cadeaux et teste d’emblée la condition physique des grimpeurs.

L’ascension alterne constamment entre secteurs très raides et petits replats, créant un rythme saccadé qui fatigue particulièrement les organismes. Vers le douzième kilomètre, le passage du Chalet Liotard marque l’un des moments les plus difficiles avec une portion atteignant 12% de pente. Ces ruptures de rythme répétées font de cette route un piège pour les cyclistes habitués aux montées plus régulières.

Après la station du Mont Serein (1400 mètres), les derniers cinq kilomètres jusqu’au sommet du mont Ventoux s’avèrent particulièrement exigeants. Cette portion finale combine une pente soutenue avec l’exposition aux éléments, même si le versant nord bénéficie généralement de conditions de vent moins violentes que les ascensions depuis Bédoin ou Sault.

L’ascension du mont Ventoux depuis Malaucène attire les cyclistes expérimentés qui recherchent une alternative aux versants plus connus. Cette montée exige une excellente condition physique et une bonne gestion de l’effort, car les variations de pente ne permettent jamais de trouver un rythme de croisière. Les temps d’ascension sont similaires à ceux de Bédoin : environ 3 heures à 7 km/h, 2 heures à 11 km/h, 1h25 à 15 km/h et 1h10 à 19 km/h pour les plus rapides.

Mes conseils pour réussir votre ascension

Réussir l’ascension du mont Ventoux à vélo demande une préparation minutieuse et une stratégie adaptée à vos capacités. Fort de mon expérience de coureuse professionnelle et de mes nombreuses montées de ce col mythique, je partage avec vous les clés d’une ascension réussie.

Le premier conseil fondamental concerne la gestion de l’effort. Ne partez jamais trop vite, quel que soit le versant choisi. Le Ventoux punit impitoyablement les téméraires qui s’enflamment dans les premiers kilomètres. Adoptez un rythme que vous pouvez tenir sur la durée totale de votre ascension, généralement entre 1h30 et 3h selon votre niveau. L’humilité face à ce géant de Provence constitue votre meilleur allié.

L’effet de groupe représente un piège classique lors des ascensions en club ou entre amis. Restez concentré sur vos propres sensations et n’hésitez pas à laisser partir vos compagnons s’ils roulent trop vite pour vous. Le mont Ventoux ne pardonne pas les écarts à cette règle, et vous risquez de vivre un calvaire si vous sortez trop tôt de votre zone de confort.

L’hydratation revêt une importance capitale, particulièrement en période estivale. Emportez au minimum deux bidons d’eau, voire trois si les conditions sont chaudes. Buvez régulièrement par petites gorgées plutôt que d’attendre d’avoir soif. Le dénivelé important et la durée de l’effort exposent votre organisme à une déshydratation rapide qui peut compromettre votre ascension.

La nutrition pendant l’effort mérite également toute votre attention. Prévoyez des barres énergétiques, des bananes, des gels ou tout autre aliment que vous digérez bien à l’effort. L’idée est de manger avant d’avoir faim, car une fois la fringale installée, il devient très difficile de récupérer. Consommez environ 30 à 60 grammes de glucides par heure selon votre gabarit et l’intensité de votre effort.

Pour les cyclistes moins expérimentés ou ceux qui souhaitent vivre leur première ascension du Ventoux dans les meilleures conditions, faire appel à un organisme spécialisé peut s’avérer judicieux. Ces professionnels prennent en charge l’organisation complète du séjour : hébergement au pied du mont, location de vélo adapté, portage des affaires, conseils personnalisés. Cette solution permet de se concentrer uniquement sur l’exploit sportif.

Questions pratiques

Quel est le record du mont ventoux ?

Le record d’ascension du mont Ventoux à vélo depuis Bédoin appartient à Iban Mayo, qui a pulvérisé ce col mythique en 55 minutes et 51 secondes lors du Critérium du Dauphiné Libéré 2004. Cette performance exceptionnelle a été réalisée lors d’un contre-la-montre, discipline où les coureurs donnent absolument tout pour arracher chaque seconde au chronomètre.

Pour mettre cette performance en perspective, Mayo a maintenu une vitesse moyenne de près de 23 km/h sur les 21,3 kilomètres de l’ascension depuis Bédoin, avec un dénivelé de 1589 mètres. Cette moyenne impressionnante témoigne du niveau exceptionnel requis pour s’approcher des sommets du cyclisme professionnel sur ce géant de Provence.

Les records sur les autres versants sont moins médiatisés, mais les temps de référence tournent autour d’1h05 pour Malaucène et 1h20 pour Sault. Ces performances restent inaccessibles au commun des mortels et donnent une idée de l’écart abyssal entre le cyclisme professionnel et amateur.

Quel niveau faut-il avoir pour monter le Ventoux ?

L’ascension du mont Ventoux reste accessible à tout cycliste ayant une condition physique correcte et une expérience minimale de la montagne. Cependant, le niveau requis varie considérablement selon le versant choisi et vos ambitions personnelles.

Pour l’ascension depuis Sault, un cycliste occasionnel capable de rouler 2 à 3 heures en terrain vallonné peut envisager cette montée sans trop d’appréhension. La pente moyenne modérée de 4,5% permet une progression régulière même pour des jambes peu habituées aux longues ascensions.

L’ascension depuis Bédoin ou Malaucène exige un niveau supérieur. Je recommande une pratique régulière du vélo (au moins 2 sorties par semaine), une expérience préalable sur des cols de difficulté intermédiaire, et idéalement quelques montées de 800 à 1000 mètres de dénivelé en guise de préparation. Un cycliste capable de maintenir 10-12 km/h en montagne pendant 2 heures possède le niveau minimum pour s’attaquer au Ventoux.

Quelle est la montée du Ventoux la plus facile ?

Sans conteste, l’ascension du mont Ventoux depuis Sault constitue la montée la plus abordable des trois versants. Cette route présente plusieurs avantages décisifs pour les cyclistes moins expérimentés ou ceux qui découvrent ce col mythique.

La pente moyenne de 4,5% sur 25,5 kilomètres permet une progression douce et régulière. Le profil particulièrement favorable offre quinze kilomètres de montée facile (2 à 5% de pente) qui permettent un échauffement progressif avant les difficultés finales. Le dénivelé réduit de 1145 mètres représente aussi un avantage non négligeable par rapport aux 1500+ mètres des autres versants.

L’environnement de cette ascension ajoute à son charme : les champs de lavande, les forêts de chênes et les paysages provençaux créent un cadre enchanteur qui fait oublier l’effort. Cette montée permet de découvrir le Ventoux sans la souffrance excessive, tout en gardant le sentiment d’accomplissement d’avoir gravi ce géant de Provence.

Quelle est la meilleure période pour faire le mont Ventoux ?

La période optimale pour gravir le mont Ventoux à vélo s’étend d’avril à octobre, avec des conditions particulièrement favorables en mai-juin et septembre-octobre. Ces mois offrent le meilleur compromis entre météo clémente, routes dégagées et températures supportables.

Le printemps (avril-mai) présente l’avantage de températures fraîches et d’une fréquentation modérée. Attention cependant aux conditions météorologiques encore changeantes et à la possibilité de neige au sommet en début de saison. L’été (juin-août) garantit des routes parfaitement praticables mais expose aux fortes chaleurs. Je recommande alors des départs très matinaux (avant 7h) ou en fin d’après-midi pour éviter les pics de température.

L’automne (septembre-octobre) constitue souvent la période idéale avec des températures douces, une excellente visibilité et des conditions de vent généralement plus clémentes. L’hiver rend l’ascension possible mais délicate, avec des risques de verglas et de conditions météorologiques difficiles au sommet.

Comment se rendre au pied du Ventoux ?

L’accès aux trois villages de départ du mont Ventoux est relativement aisé, que vous veniez en train ou en voiture. Cette région de Provence bénéficie d’un réseau de transport correct qui facilite l’organisation de votre séjour cyclisme.

En train, la gare TGV d’Avignon constitue le point d’arrivée principal. Depuis Avignon, prenez ensuite un TER jusqu’à Carpentras, située à une vingtaine de kilomètres de Bédoin. Des liaisons en bus ou en taxi permettent de rejoindre le village. Pour Sault et Malaucène, l’accès en transport en commun s’avère plus compliqué et nécessite généralement une voiture de location.

En voiture, Bédoin se rejoint par la D974 depuis le sud, Malaucène par la D938 puis D974 depuis le nord, et Sault par la D942 puis D1 depuis l’est. Les trois villages disposent d’un stationnement gratuit suffisant, même pendant les périodes de forte affluence. Prévoyez environ 2h de route depuis Marseille ou Lyon, 1h depuis Avignon.

Comment s’habiller pour le mont Ventoux ?

L’équipement vestimentaire pour l’ascension du mont Ventoux demande une attention particulière en raison des conditions météorologiques changeantes entre le départ et le sommet. L’écart de température peut dépasser 10°C entre le pied de la montagne et l’arrivée, sans compter l’effet du vent qui accentue encore la sensation de froid.

Au minimum, emportez un coupe-vent efficace, avec ou sans manches selon la saison. Ce vêtement vous sera indispensable lors de la descente, où la vitesse amplifie la sensation de froid. Des gants longs, des jambières ou des manchettes complètent utilement cette panoplie, particulièrement entre octobre et avril.

Pour le vélo, privilégiez une machine légère avec un braquet adapté à la montagne. Un pédalier compact 50/34 associé à une cassette 11-32 offre un bon compromis pour la plupart des cyclistes. N’hésitez pas à tester cette configuration lors de vos sorties d’entraînement pour vous familiariser avec ces développements plus courts.

Les vélos électriques sont autorisés sur toutes les ascensions du mont Ventoux, à condition de disposer d’une autonomie suffisante pour couvrir au moins 1500 mètres de dénivelé. Cette option ouvre l’ascension à un public plus large tout en conservant le mérite de l’effort. Des locations de VAE sont disponibles dans les trois villages de départ, mais je recommande vivement de réserver à l’avance, particulièrement en haute saison.

Samantha

Ancienne coureuse cycliste professionnelle reconvertie en aventurière du gravel, Sam apporte son expérience de la compétition et son amour des explorations épiques hors des sentiers battus pour superviser la couverture de Vélo Vision.

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